Cet été, le ccdMalvina a accueilli un groupe du camp de jour de l’Association du Syndrome de Down de Sherbrooke pour une journée de découvertes artistiques, sensorielles et humaines. Ariane Demers, médiatrice culturelle au ccdMalvina, revient sur une rencontre qui l’a profondément marquée.
Regarder les œuvres autrement
« J’ai eu la chance d’accueillir au ccdMalvina un groupe bien spécial, âgé de 5 à 55 ans. Ensemble, nous avons fait le parcours Malvina autrefois, découvert des corps en transformation, plongé nos pieds dans la rivière et vécu les expériences de réalité virtuelle MESSIS et Intelligences sauvages.
Dès leur arrivée, les poignées de main et les câlins ont donné le ton. Leur enthousiasme était palpable. Tout au long du parcours, iels se sont montré·es curieux·euses, attentif·ves et prêt·es à partager leurs impressions.
Devant une œuvre, l’un d’entre eux remarque : “La plante dans son dos ressemble à des veines.” Un peu plus loin, une autre personne s’exclame : “C’est une femme-maison !”
À partir de ces observations, nous construisons peu à peu une histoire. Chaque détail devient une porte vers l’imaginaire. Les œuvres se transforment au fil de leurs regards et leurs interprétations ouvrent de nouvelles histoires que nous inventons ensemble.
Prendre soin du vivant
Au fil de nos échanges, une idée revient : prendre soin de la nature, c’est aussi prendre soin de quelque chose de précieux. Chaque plante, chaque arbre peut devenir une œuvre d’art à part entière, pour peu que l’on prenne le temps de les regarder.
Puis vient la réalité virtuelle. Les réactions sont partagées : certain·es sont fasciné·es par cette nouvelle façon de percevoir le monde, tandis que d’autres préfèrent, comme iels me le disent simplement, “la vraie réalité”.
Les œuvres d’Isabelle Van Grimde semblent avoir laissé une trace. Un participant ressent même le besoin de se mettre à bouger à son tour, comme si son corps voulait répondre à ce qu’il venait de voir.
La médiation comme espace de rencontre
Mais, au fond, c’est leur rencontre qui a le plus marqué mon esprit.
Leur liberté, leur curiosité et leur poésie resteront gravées dans ma mémoire. Cette journée m’a rappelé que la médiation est aussi un espace de rencontre : un endroit où l’on ne vient pas seulement transmettre quelque chose, mais où l’on repart soi-même transformé par les regards, les mots et l’imaginaire des autres. »
— Ariane Demers, médiatrice culturelle au ccdMalvina

