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Chorégraphe, fondatrice et directrice artistique de la compagnie montréalaise Van Grimde Corps Secrets, Isabelle Van Grimde mène une carrière internationale marquée par des collaborations interdisciplinaires qui élargissent les horizons de la danse contemporaine tout en multipliant les perceptions possibles du corps et de l’œuvre scénique. Son travail se caractérise notamment par la qualité du dialogue qu’elle nourrit entre danse et musique et, depuis 2008, par l’intégration harmonieuse des nouvelles technologies. Artiste-chercheuse ouverte sur le monde, elle mène des recherches théoriques et fondamentales sur le corps qui nourrissent et soutiennent sa démarche artistique. Elle s’échappe de plus en plus souvent des théâtres pour amener la danse dans les galeries, les lieux publics ou sur le web. En 2011, le Conseil des Arts du Canada lui a décerné le Prix Jacqueline Lemieux pour sa contribution à l’enrichissement de la vie artistique au Canada et à l’étranger.

 

Historique

Auteure d’une trentaine de chorégraphies, Isabelle Van Grimde signe sa première création à Montréal en 1987, amorçant un cycle où elle explore les facettes plus théâtrales du corps dansant. Secrets vestiges, Au sommet de tes côtes et Par la peau du cœur sont des œuvres représentatives de cette période. En 1992, elle fonde la compagnie Van Grimde Corps Secrets. Quatre ans plus tard, elle oriente sa recherche sur la puissance de la physicalité et la communication par le corps avec À l’échelle humaine. Elle profite alors de résidences de création en Europe qui vont la propulser sur la scène internationale.

 

En 1998, une commande pour la création de May All Your Storms Be Weathered aux Pays-Bas marque un virage majeur dans son parcours artistique : dès lors, elle ne conçoit plus l’art chorégraphique sans la présence vivante de musiciens sur scène. En 2003, dans Saetta, son approche physique se fait plus viscérale et plus sensible. À la fois raffinée et animale, sa gestuelle s’ancre résolument dans les pulsions et les tensions élémentaires du corps.

 

Elle opère un autre virage majeur en 2005, avec la série Les Chemins de traverse, en choisissant le principe de l’œuvre ouverte pour présenter ses créations. En 2007, elle élargit le champ de ses collaborations multidisciplinaires en travaillant avec des créateurs en architecture, arts visuels, théâtre et musique dans Perspectives Montréal. Dès 2012, elle reconduit et élargit l’expérience avec la série d’œuvres intitulées Le corps en question(s) qui se déclinent en créations-expositions présentées en galeries, en livre et en plateforme numérique interactive (exposée dans le laboratoire de l’Agora de la danse pendant les représentations de Symphonie 5.1), de même qu’avec l’installation architecturale, chorégraphique et sonore Corps secret / Corps public présentée au printemps 2016.

 

L’approfondissement du dialogue entre danse et musique la conduit à collaborer entre 2007 et 2013 avec des musiciens et scientifiques du Centre interdisciplinaire de recherche en musique, médias et technologies (CIRMMT). Avec eux, elle crée les chorégraphies-concert Duo pour un violoncelle et un danseur puis, Les gestes, participant à la mise au point d’instruments de musique numériques aux formes anatomiques qui réagissent aux mouvements et aux manipulations des danseurs.

 

En 2014, elle poursuit ses explorations technologiques en transposant à l’image les fabuleuses possibilités d’interactions entre le geste et le son. Collaborant étroitement avec l’artiste en design virtuel et d’interaction Jérôme Delapierre, elle immerge ses danseurs dans l’univers visuel, virtuel et interactif de Symphonie 5.1 présenté en janvier 2016. Cette année-là, les deux complices tournent le premier épisode du feuilleton web interactif Eve 2050.